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Femmes et santé: on peut mieux faire!

Femmes et santé: on peut mieux faire!

Si, parfois, c’est entre copines qu’on partage ses petits ou gros soucis de santé, force est de constater une tendance de la part des femmes elles-mêmes à ne pas oser parler de leurs douleurs ou à les minimiser. Alors bien sûr, les choses bougent depuis une cinquantaine d’années. Mais il y a encore du boulot, notamment en matière de recherche, de formation ou de sensibilisation.

© Marc Bordons/Stocksy

S’entendre dire par son médecin qu’on a juste fait pipi alors qu’on vient de faire une fausse couche. Avoir mal pendant les rapports sexuels, en marchant, ou juste en étant debout et ne pas savoir pourquoi. Découvrir à quarante ans en utilisant une cup qu’en fait sa perte de sang menstruel est six fois supérieure à la moyenne, et comprendre pourquoi on a eu si mal depuis ses premières règles. Ces commentaires ressortent du questionnaire sur les femmes et la santé des sites de Femina, 24 heures et la Tribune de Genève, auquel vous êtes 3124 à avoir participé.

De nombreuses réponses révèlent un manque d’informations, ou des informations qui viennent trop tard. Un manque d’écoute aussi – pas uniquement du monde médical, mais aussi de l’entourage professionnel, voire familial. Si, parfois, c’est entre copines qu’on partage ses petits ou gros soucis de santé, force est de constater une tendance de la part des femmes elles-mêmes à ne pas oser parler de leurs douleurs ou à les minimiser. Alors bien sûr, les choses bougent depuis une cinquantaine d’années. Mais il y a encore du boulot, notamment en matière de recherche, de formation ou de sensibilisation. Ce questionnaire, qui n’a pas valeur scientifique, avait pour but de vous laisser la parole, et nous vous remercions pour votre précieuse participation. Voici, en 5 points, une partie de ce que vous nous avez confié.

1. Les médicaments

Ils sont au cœur de notre système de santé, pourtant les médicaments sont globalement mieux adaptés aux hommes. Une réalité qui tient notamment au fait que les femmes sont sous-représentées dans les essais cliniques testant leur efficacité et leur innocuité. Or les individus de sexe différent n’assimilent, n’éliminent et ne réagissent pas forcément de la même manière à un même médicament dosé de la même manière. D’ailleurs, les femmes sont plus fréquemment victimes des effets secondaires des médicaments.

Notre sondage indique qu’un grand nombre d’entre elles n’ont même jamais été informées qu’un médicament pouvait avoir des effets secondaires indésirables ne concernant que les femmes (voir ci-contre). Une très large majorité (83%) estiment que les effets secondaires des médicaments sur les femmes ne sont pas suffisamment pris en compte. Et 84% de nos sondées répondent non quand on leur demande si leur médecin ou pharmacien leur a déjà proposé d’adapter la posologie à leur poids ou parce qu’elles sont des femmes.

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La pilule m’avait occasionné beaucoup de troubles (plus jeune) et on m’avait juste dit que mon corps allait s’habituer.

J’ai peu eu d’effets secondaires et j’ignore s’ils sont dus à ma féminité. Il serait temps que les médicaments soient testés sur les femmes et adaptés en conséquence.

Pour le moment, on ne m’a jamais parlé de traitements ou effets différents chez les hommes ou les femmes.

Je pèse entre 45 et 50 kg et je pense que le dosage des médicaments est toujours trop fort pour moi.

Il serait temps que les médicaments soient testés sur les femmes et adaptés en conséquence.

On ne m'a pas informée, et je ne l'ai appris qu'après avoir eu des effets indésirables.

J’en ai parlé plusieurs fois à mon médecin et pharmacien mais ils n’ont pas voulu adapter (la prescription).

Non seulement jamais informée mais pire, quand ils sont là, on vous traite de folle, personne pour assumer ces effets secondaires, ils sont niés et gravement minimisés.

Du moins j'imagine que mon médecin tient compte de ce type d'éléments lorsqu'il me prescrit quelque chose.

Les gynécologues ont tendance à nier et minimiser les effets secondaires des hormones, pourtant inscrits dans la notice d’emballage. À se demander s’ils ont déjà lu les notices d’emballage des produits qu’ils prescrivent…

2. Les règles et la contraception

Un peu plus de la moitié des lectrices concernées par les règles jugent que celles-ci sont un souci. La douleur est le problème le plus souvent mentionné, particulièrement chez les jeunes (plus de quatre femmes sur dix entre 18 et 29 ans) et celles qui n’ont pas d’enfants. Vous êtes nombreuses à signaler que les règles posent plusieurs difficultés à la fois (syndrome prémenstruel, douleurs ou règles trop fortes), parfois handicapantes. Pour certaines, les problèmes ont été résolus avec la pilule ou le stérilet. À l’inverse, l’endométriose et d’autres maladies comme le syndrome des ovaires polykystiques pourrissent le quotidien de beaucoup de femmes.

Plus de la moitié des personnes qui ont répondu à notre questionnaire n’ont pas ou plus de contraception. Parmi celles concernées, un quart sont satisfaites de la méthode utilisée. Mais plus d’une sur dix n’est pas dans ce cas. Et une sur cinq emploie une telle solution malgré des effets secondaires parce que c’est la moins mauvaise option… Les polémiques liées à la pilule contraceptive vous touchent également (voir ci-contre). Si des femmes rappellent ce que la pilule a changé dans leur vie, d’autres lui préfèrent le préservatif… Sans oublier les appels pour que les hommes se préoccupent du sujet, notamment avec une vasectomie.

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Je voudrais plus d’infos sur les substances chimiques se trouvant dans les tampons et serviettes hygiéniques, ainsi que sur les alternatives pendant la menstruation.

Le marché manque de thérapies pour aider en cas de douleurs liées aux règles.

Les gynécos devraient accepter quand une femme demande de se faire ligaturer les trompes, même si elle est jeune.

La contraception est extrêmement chère et c’est scandaleux que ça ne soit pas remboursé (entièrement ou en partie) par l’assurance.

La pose de mon stérilet a été douloureuse, mais le médecin ne l'a jamais reconnu. Depuis, j'ai mal à chaque fois que j'ai mes règles. Mais il faut prendre du Dafalgan et se taire.

Pour mes règles douloureuses et surtout mon syndrome prémenstruel, j’ai trouvé des conseils et du réconfort grâce à une libération de la parole et à des comptes dédiés à ce sujet sur Instagram.

Mes règles sont un souci car elles surviennent tous les mois depuis trente ans et vont encore durer dix ans.

Les traitements contre l’endométriose sont insuffisants et insatisfaisants, avec de nombreux effets secondaires. Vivement que ça bouge!

J'étais malade et vomissais à chaque fois que j’avais mes règles!

La pilule a été un bienfait inouï à l’adolescence en raison de mon endométriose. Elle m'a permis de «gérer» la maladie (douleurs, vomissements, migraine, etc) en l'absence totale d’autre traitement contre cette maladie et contre les troubles prémenstruels.

Je crois surtout que j’ai appris à faire avec mes règles.

On considère encore beaucoup trop la pilule comme un bonbon prescrit à tout va dès l'adolescence.

Les règles douloureuses devraient être davantage prises en compte dans le monde du travail.

Mes règles sont irrégulières… On ne sait jamais quand ça va tomber, ni si on est enceinte.

L'arrivée de la pilule dans les années 60 a été une libération joyeuse. Être libre de faire l'amour sans porter «le poids de la faute». Ma première pilule est arrivée dans ma vie en 1966. J'avais 22 ans. Il y avait toutes sortes de sombres présages autour de sa prise, mais pour moi, la liberté primait sur tout le reste.

Les symptômes prémenstruels, pour moi, c’est que je suis vraiment nerveuse, impatiente et que je ne peux supporter aucune pression. Mais personne ne le prend au sérieux.

Garder la même efficacité, le même dynamisme tout au long du mois est impossible si nous suivons notre rythme biologique.

Pourquoi c'est aux femmes de se préoccuper à 80-90% de la contraception?

3. La maternité

Même si la santé des femmes ne se réduit pas aux aspects liés à la maternité, c’est néanmoins une préoccupation tant au niveau physique que psychologique. Ainsi, 70% des lectrices ayant répondu au questionnaire ont des enfants. Si la moitié d’entre elles déclare être tombée enceinte sans utiliser de méthodes pour connaître sa fenêtre de fertilité, elles sont près de 30% à l’avoir fait. Vos commentaires révèlent que les difficultés liées à la fertilité restent un sujet dont on ne parle pas assez.

La grande majorité des mamans se déclarent satisfaites de la manière dont leur grossesse a été suivie. Un peu moins pour ce qui est de la prise en charge après l’accouchement, puisqu’une lectrice sur trois reconnaît avoir eu une baisse de moral mais s’en être sortie sans demander de l’aide, ce que certaines regrettent. Et pour celles qui se sont tournées vers leur médecin, la moitié a été soutenue, l’autre pas entendue. Une déprime post-partum attribuée à la chute des hormones pour un tiers des femmes, ainsi qu’au fait de se retrouver seule face à cette situation.

Environ une grossesse sur cinq risque d’aboutir à une fausse couche. Un chiffre que de nombreuses femmes ignorent (voir ci-contre) mais qui les préoccupe, puisque quatre lectrices sur dix ne disent pas à leurs proches qu’elles sont enceintes durant les trois premiers mois de grossesse.

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J’ai subi une descente d’organe à 38 ans, car je n’ai pas rééduqué mon périnée de manière appropriée après mes deux grossesses. Depuis, j’en parle autour de moi et de nombreuses femmes (surtout plus âgées) me font part de répercussions majeures liées à ça. Il y a énormément de travail à faire sur ce sujet encore tabou car intime et féminin.

La grossesse est tellement idéalisée qu’on ne parle pas des possibles difficultés qui peuvent y être liées. Quand c’est le cas, on se sent seule et incomprise.

Perdre trois «bébés» en devenir en 18 mois et n’avoir aucun médecin qui propose un suivi psychologique ou un accompagnement au deuil périnatal… On a encore beaucoup de chemin à faire pour accompagner les femmes vivant ce genre de drame!

Il me semble que la jeune génération est globalement mieux informée, mieux suivie et qu'elle ose plus poser de questions. La place du père est aussi devenue plus importante. En ce qui me concerne, nous avons été peu informés et surtout pas ou peu associés aux décisions qui concernaient le couple ou le bébé.

On laisse les jeunes parents et surtout les femmes dans une précarité morale inouïe après l’accouchement. Seule la santé du bébé est prise au sérieux dans le suivi standard (hors maison de naissance et autres). Pour moi, le baby blues est un concept idiot pour minimiser ce que ressentent les femmes.

L'impact de la naissance sur la santé du couple, la libido, les relations amoureuses est absent du protocole post-partum... c'est pourtant clé.

L'infertilité est un tabou. Tous les traitements hormonaux, FIV, ICSI, insémination avec donneurs sont faits dans des conditions dont l'aspect psychologique n'est pas assez pris en compte.

Ayant mis trois enfants au monde (sans péridurale!), ayant subi une interruption de grossesse et une fausse couche, j’ai vécu tout cela sans aucun problème. Je pense que les jeunes femmes sont devenues bien douillettes et se victimisent pour un rien.

Je n’ai pas attendu la fin des trois premiers mois pour annoncer ma grossesse, parce que si je faisais une fausse couche, je voulais que mon entourage soit au courant. Je ne voulais pas que nous (couple) soyons seuls face à cet événement.

4. La prise en charge médicale

Plus de sept lectrices sur dix ont déjà eu le sentiment de ne pas être entendues quand elles évoquaient un problème de santé, et 46,2% estiment que c’est parce que la santé des femmes n’est pas assez prise en compte (voir ci-contre). À noter que plus elles sont jeunes et plus elles répondent en ce sens.

Depuis quelques années, des femmes dénoncent des actes subis durant le suivi gynécologique et obstétrical (des gestes, des pratiques, des propos ou des comportements exercés ou omis par le personnel soignant et ressentis comme des violences). Près d’un tiers des personnes qui ont répondu à notre questionnaire disent en avoir été victimes et certaines nous ont livré des témoignages poignants.

Un peu plus de quatre lectrices sur dix ont déjà regretté de ne pas avoir été informées à l’avance qu’un geste médical qui concerne la santé féminine pourrait être douloureux ou dérangeant. 56% jugent que ces douleurs ne sont pas prises au sérieux par le corps médical et, là aussi, les jeunes sont les plus critiques. Enfin, vous êtes 46% à penser que la féminisation de la médecine aura un effet sur la prise en compte de ces questions et environ 23% à juger qu’il n’y a pas de gros problème à ce sujet.

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La santé des femmes racisées et des femmes transgenres est encore moins prise au sérieux.

Au moment de l’ablation de la matrice, mon gynécologue a rétréci mon vagin «pour mon bien», et je l'ai entendu dire à mon mari: «Je vous l'ai rendue toute neuve.» Personne ne lui avait rien demandé. Résultat, des douleurs atroces à chaque rapport, jusqu'à ce que mon nouveau gynécologue enlève un point de trop.

Certains médecins sont grossophobes. On n’a pas le droit de se plaindre car on est grosse et tout ce qui nous arrive est dû au surpoids.

Mon premier gynéco m'a indiqué que mes lèvres n'étaient pas pareilles et que l'on pourrait faire une chirurgie esthétique. Heureusement, ma mère m'a fait comprendre qu'on a toutes des formes différentes et normales.

Il faut arrêter de croire que l’on doit traiter différemment les femmes. Chaque être humain est différent d’un autre. Rien à voir avec le genre!

Après avoir été opérée d’une hernie inguinale, j’ai reçu un questionnaire où l’on me demandait si j’avais des problèmes d’érection!

Comme dans tous les métiers, il y a des gens extraordinaires, des gens compétents et, malheureusement, quelques personnes inadéquates.

J’ai 57 ans et la mammographie demeure le seul examen possible afin de détecter le cancer du sein mais je le vis à chaque fois comme un véritable traumatisme, une torture et une humiliation.

Si vous êtes une femme âgée, c’est pire. Vous êtes victime de tous les préjugés et stéréotypes liés au sexe mais aussi à l’âge.

Lors d’un examen gynécologique, un assistant s’appuyait contre ma main et il était en érection. Je n’ai rien osé dire. J’avais 20 ans, j’en ai 70 mais je n’ai pas oublié cet abus, sans violence mais complètement irrespectueux.

Difficile de supporter le ton paternaliste des gynécologues masculins à propos de situations qu'ils n'ont jamais vécues dans leur chair. Ce n'est certes pas dramatique mais usuel et irritant.

L’écoute n’est pas liée au fait que le médecin est une femme ou un homme. J’ai trouvé plus de médecins hommes sensibles à la douleur de la femme.

5. Ménopause, pré- et post-ménopause

Souvent réduite à une insuffisance hormonale et pensée uniquement à partir de symptômes tels que les bouffées de chaleur, la sécheresse vaginale ou la déprime, voire à partir de risques pour la santé comme l’ostéoporose ou le cancer, la ménopause est un événement naturel dont l’expérience vécue et ressentie varie immensément d’une femme à l’autre. Les bouffées de chaleur, par exemple, peuvent être perçues, par certaines, comme stigmatisantes dans le milieu professionnel.

Traitement hormonal, phytothérapie… diverses méthodes existent pour alléger les symptômes. Sont-elles connues des femmes? Sont-elles efficaces? Présentent-elles des risques ou des contre-indications? Vos réponses à notre sondage montrent que des lacunes existent de ce côté-là. Si une majorité de celles qui ont passé le cap affirme l’avoir bien vécu, pas moins de 70% des lectrices qui se sentent concernées estiment ne pas être assez informées, ni au sujet des symptômes de la ménopause, ni en ce qui concerne les traitements possibles. Le manque d’informations est particulièrement marqué chez les jeunes femmes, mais les 45-55 ans sont tout de même 75% dans ce cas. Un manque d’informations quant à d’autres informations alternatives aux traitements hormonaux ressort à peu près dans les mêmes proportions.

Les traitements hormonaux, qui améliorent la qualité de vie mais peuvent accroître certains risques (notamment de cancer du sein ou, sur le long terme, d’accident cardiovasculaire) semblent assez clivants, divisant les sondées en deux blocs, l’un favorable et l’autre défavorable, à peu près équivalents. Avec une très légère différence entre les citadines, plus favorables, et les autres. Par contre, une large majorité des femmes ne s’imaginent pas prendre ce genre de traitement à vie.

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Je trouve que l’on est trop obsédé par la ménopause dans les médias et qu’on devrait autant parler des problèmes psychiques, prise de poids et andropause des hommes. Statistiquement, il y a sûrement une égalité…

Je sais que mon gynécologue sera là le moment venu et il a déjà répondu à quelques questions anticipées.

J’ai 47 ans et ne sais même pas si certains événements qui se produisent dans ma vie pourraient déjà être liés à la périménopause.

Ma précédente gynécologue a éclaté de rire quand je me suis plainte de bouffées de chaleur et que j’ai demandé si ça pouvait être dû à la ménopause. – Bien sûr que non, vous êtes sous pilule! J’avais 42 ans. C’est mon généraliste qui a trouvé: il s’agissait des symptômes d’une tumeur. Depuis, tout va bien: la lésion tumorale est résorbée et… j’ai changé de gynéco.

Lorsqu’on m’a enlevé la matrice, à 38 ans environ, un médecin m’a dit qu’ainsi, je n’aurais pas de problème de ménopause, alors que ça n’a aucun lien!

Quand ça a commencé, c’est moi qui ai dû chercher des infos.

Les potentiels effets secondaires des traitements hormonaux de substitution sont passablement inquiétants. Mais les symptômes de la ménopause sont tellement impactants au quotidien que je préfère faire tout mon possible pour les soulager.

La ménopause n’existe pas. C’est une invention marketing.

Le gynécologue m’a tout de suite proposé une substitution hormonale.

Il manque une spécialisation au sujet de la prise en charge des dames ménopausées!

Les seules propositions reçues par le corps médical classique, quand les problèmes sont intenses, ce sont les hormones.

Les effets de la ménopause ne sont pas suffisamment pris en considération. DRH d’une grande entreprise, les bouffées de chaleur étaient extrêmement gênantes et mon gynécologue ne s’en préoccupait absolument pas, disant que cela passerait.

C’est peut-être paradoxal, mais je prends des hormones depuis presque vingt ans (pilule), mais aimerais ne plus devoir le faire avec la ménopause.

La préménopause et les moyens d’adoucir cette période n’intéressent pas les médecins.

Deux questions à Ksenia Tugay, cheffe de projet Tech4Eva au Groupe Mutuel

FEMINA Les femmes ont souvent le sentiment d’être peu entendues et que la santé féminine n’est pas assez prise en compte. Ont-elles raison?
Je pense que oui. Il faut tenir compte du contexte. En Suisse, les femmes n’ont pu voter qu’à partir des années 70, elles sont encore aujourd’hui peu nombreuses à occuper des postes de direction dans le monde professionnel. La santé des femmes reste taboue au travail. Par exemple, on n’envisage pas la question des règles douloureuses ou de la ménopause. Les femmes elles-mêmes hésitent à en parler pour ne pas paraître vulnérables. Plus globalement, beaucoup de questions liées à la santé des femmes sont peu évoquées par les femmes auprès de leur médecin mais aussi peu étudiées. Il faut rappeler que les femmes ont longtemps été peu représentées dans les essais cliniques et qu’elles sont moins nombreuses dans la recherche, même si les choses changent.

Les femmes regrettent le manque de recherche pour trouver des solutions qui leur apporteraient un plus. L’innovation est-elle en panne?
Les mentalités changent et l’innovation suit le mouvement en intégrant plus les femmes, même si ça prend du temps. Au Groupe Mutuel, on le voit au sein de notre secteur innovation et aussi avec Tech4Eva, un projet commun avec l’EPFL Innovation Park qui est destiné à soutenir des nouvelles technologies au service de la santé des femmes. Il y a, par exemple, une application digitale qui permet de monitorer les symptômes liés à la ménopause pour mieux les gérer; un nouveau dispositif destiné à réaliser un examen gynécologique de manière moins invasive et moins douloureuse que la méthode classique; une solution pour tester la qualité du lait maternel congelé, afin de savoir s’il est encore bon, s’il contient encore des vitamines; un dispositif médical destiné à améliorer le diagnostic de la vaginite, une maladie peu étudiée. De manière générale, il faut encourager les femmes à parler et aider leur entourage, dont les hommes, à comprendre ces problématiques.

Le résultat du questionnaire est publié avec le soutien du Groupe Mutuel. Ce dernier n'a ni participé à l'élaboration du questionnaire ni eu accès aux réponses, ni contribué à la rédaction du dossier.

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