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Hypertension: comment prévenir la maladie et la soigner

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© Getty Images

Le 18 mai 2016, le CHUV de Lausanne marquait la Journée internationale contre l’hypertension d’une conférence publique avec quiz (vidéo ci-dessous) . Objectif: informer la population sur ce mal plus répandu qu’on ne le croit, puisque 30% des Suisses de plus de 18 ans seraient concernés, et 60% après 65 ans . Pourtant, cette maladie est souvent négligée. Pourquoi? D’abord parce que si nous avons tous, depuis l’enfance, l’habitude de tendre notre bras au médecin qui l’enserre de son tensiomètre, la plupart d’entre nous ignorent ce que ces mesures indiquent. Le Dr Grégoire Wuerzner, médecin associé au Service de néphrologie et d’hypertension du CHUV, nous éclaire: «On mesure la pression exercée par le sang sur la paroi des vaisseaux. Si cette pression est trop haute dans les artères, on parle d’hypertension artérielle.» Trop haute par rapport à quoi? «Des normes ont été établies, variables selon les âges.»

Deux chiffres définissent la pression artérielle. La pression la plus haute est celle de la systole, cette contraction des chambres du cœur qui propulse le sang dans les artères. La plus basse correspond à la diastole, ce relâchement au cours duquel le cœur se remplit. Pour un adulte, une pression optimale se situe à des valeurs inférieures à 120/80. Et à partir de 140/90, il y a hypertension. D’une façon générale, les hommes sont plus souvent hypertendus que les femmes. Mais la pression de celle-là augmente après la ménopause, jusqu’à rejoindre peu à peu celle de ces messieurs. Chez les enfants, enfin, les valeurs idéales de pression artérielle dépendent de l’âge, de la taille et du sexe. On parle d’hypertension lorsque lesdites valeurs sont supérieures de 95% à celles d’un groupe correspondant d’enfants en bonne santé.

Une maladie sans symptôme

L’autre raison du peu d’intérêt pour cette maladie est… son silence. Autrement dit: le manque de symptômes. On peut vivre tout à fait normalement pendant des années en étant hypertendu. Ce n’est que lorsque la maladie se prolonge et atteint des seuils très élevés que des symptômes peuvent apparaître, tels que maux de tête, oppression de la cage thoracique, saignement de nez, palpitations, vertiges

Discrètement, donc, et bien avant la survenue de ces symptômes, l’hypertension agit sur des organes cibles. Une action qui, par détérioration progressive des artères, peut conduire à l’infarctus du myocarde (insuffisance cardiaque), à l’accident vasculaire cérébral, aux lésions des reins (insuffisance rénale) ou des yeux… jusqu’à la cécité.

Banaliser le dépistage

D’où l’importance du dépistage. «Il devrait être plus accessible hors du cabinet médical, remarque le Dr Wuerzner. Aux Etats-Unis, par exemple, des tensiomètres sont à disposition chez le coiffeur! Chez nous, on pourrait l’imaginer dans les pharmacies – où il est déjà possible de se faire prendre la tension par le pharmacien, mais pas toujours gratuitement.»

Autre solution: avoir son propre outil de mesure. De nombreux modèles existent, de qualité variable. «L’appareil doit être certifié CE, mais aussi validé et testé dans des conditions cliniques», précise le spécialiste. Qui met par ailleurs en garde contre les applications pour smartphone: «Actuellement, seules certaines d’entre elles, qui fonctionnent avec la manchette autour du bras, ont été validées.»

Ces possibilités d’automesure présentent toutefois un risque: l’obnubilation! Quiconque prend sa pression à tout bout de champ découvrira qu’elle subit d’immenses variations… «Se retrouver avec une pression haute après avoir couru ou s’être cogné le pied, c’est inévitable. Seule une pression artérielle continuellement élevée doit alerter.»

Inutile, donc, de cumuler les prises de tension. L’expert conseille de la prendre durant les trois jours qui précèdent un rendez-vous chez le médecin, trois fois le matin et trois fois le soir, bien assis, reposé, et sans rien faire d’autre.


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Comment prévenir?

Le premier moyen de limiter les risques d’hypertension reste d’agir sur les causes. Certes, dans 90% des cas, celles-là sont inconnues, même si les facteurs génétiques sont soupçonnés. Cependant, certaines circonstances associées au risque d’hypertension sont largement identifiées: obésité, consommation excessive de sel, manque d’activité physique, régime trop riche en acides gras saturés, excès d’alcool.

Améliorer son hygiène de vie au quotidien s’avère donc primordial, par exemple en adoptant le régime dit DASH (Dietary Approaches to Stop Hypertension), qui a fait ses preuves dans la prévention et le traitement de l’hypertension.

Et le stress dans tout ça?

Il est tentant de penser que l’hypertension est, comme son nom semble l’indiquer, un problème de stressés. Qu’en est-il vraiment? «Certaines personnes très réactives aux conditions de stress vont en effet voir leur pression artérielle monter facilement. Mais cela ne veut pas dire qu’elle est haute tout le temps.» C’est le fameux «phénomène de la blouse blanche», ou comment, à la vue du médecin, une pression peut monter en pic, alors qu’elle est basse hors du cabinet… Moins que la «réactivité» immédiate au stress, c’est la chronicité de celui-là qui doit alerter. Et être prise en charge… par la recherche du calme.

DASH: Un régime antitension

1. Des fibres solubles et du potassium. Les fibres solubles se trouvent notamment dans des céréales complètes cuites (tels l’orge, l’avoine, le quinoa, le sarrasin), mais surtout dans des fruits et légumes cuits (asperge, chou de Bruxelles, navet, artichaut, pomme, poire). Autre aliment clé: le psyllium, une excellente fibre naturelle. Quant au potassium, il est entre autres présent dans la peau des pommes de terre, la courge, la banane et les épinards cuits.

2. Adieu sel, sucres et gras saturés. Le sel doit être évité en priorité car le sodium provoque la rétention d’eau, augmentant la pression dans les vaisseaux. Où le traquer? Dans le pain, le fromage, le bouillon, les plats préparés, soupes en conserve ou à diluer, biscuits… La dose quotidienne ne devrait pas dépasser les 5 g. Et si les plats semblent fades, relevez-les avec des épices, des herbes ou du citron. Le régime DASH indique aussi de troquer la viande rouge contre de la blanche et des poissons peu gras (cabillaud, lotte…).

3. Trente minutes de sport par jour. Marche à rythme soutenu durant 30 minutes, ou encore 3 fois 10 minutes d’exercice intensif: c’est le minimum prescrit par le régime DASH – qui a pour autres bénéfices de faire chuter le «mauvais» cholestérol et de faciliter la perte de poids… A condition de devenir un véritable mode de vie!

A Lire

DASH-Le meilleur régime du monde, d’A. Dufour, C. Garnier et R. Gruman (Leduc Ed., 2016), 27 fr. 90.

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