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C’est l’opinion du célèbre pédiatre français Aldo Naouri que nous avons interviewé. Mais pas forcément des 12 belles-filles que nous avons sondées... Et pour passer de belles Fêtes tous ensemble, comment fait-on? Eh bien, suivez notre petit guide de survie!

Cassante, moralisatrice, omniprésente, la belle-mère peut être synonyme d’enfer. «La mienne est du genre à venir nous déposer une cuchaule le dimanche matin à 8 h et à sonner jusqu’à ce qu’on vienne lui ouvrir», soupire Stefania, 36 ans. «La mienne m’appelle toujours Magali alors que mon prénom, c’est Mélanie», déplore une autre belle-fille échaudée. Lancez vos amies sur le sujet, et les langues se délient, les anecdotes, parfois cruelles, fusent.

Dans ce binôme non choisi, point de solidarité féminine: cette femme acariâtre, qui mène la vie dure à sa belle-fille, a pourtant été elle aussi une bru en son temps! Rien n’y fait, le schéma se reproduit à chaque génération.

Et si la belle-mère avait pour mission de sauver la famille, une institution en voie de disparition dans notre société hédoniste et libertaire? C’est le propos du dernier livre d’Aldo Naouri (lire notre interview p. 20). Le pédiatre français craint ni plus ni moins le retour de notre espèce à la barbarie. Et redoute aussi que son analyse n’intervienne déjà trop tard. Eh oui, la belle-mère elle-même a été neutralisée. Par la diminution des mariages, qui n’officialisent plus les rôles, et par l’augmentation des séparations (une toutes les 30 secondes en Europe!) qui fait qu’on a, au cours d’une vie, plusieurs belles-mères. De plus, pour vivre heureux, vivons cachés: les jeunes couples s’éloignent volontairement de la famille élargie, physiquement (on ne vit plus sous le même toit) et symboliquement (on se voit moins souvent, on s’envoie des SMS au lieu de se téléphoner). Or la distance avec les parents fragilise le couple qui vit dans son imaginaire au lieu de composer avec les inévitables difficultés de la vie à deux… et abandonne au premier écueil. Vieux-jeu comme théorie? Réfléchissez-y à deux fois la prochaine fois que votre belle-mère vous téléphone en disant: «Et si on partait en vacances tous ensemble l’année prochaine?» En attendant, on se plonge dans les détails de l’argumentation d’Aldo Naouri (voir encadré).

5 conseils pour vivre en paix avec belle-maman

Pour éviter le problème, pas besoin d’épouser un orphelin, comme la mère de Stefania le lui conseillait! En suivant ce guide de survie, vous devriez passer les Fêtes sans vous étriper.

1. Respecter
Pour Aldo Naouri, c’est le premier réflexe à avoir: si je manifeste du respect, j’aurai toujours du respect en retour. Ceci durant toute l’année. Respecter la susceptibilité de l’autre: si on a quelque chose à lui dire, on le fait entre quatre yeux et on évite le lynchage en public.

2. Communiquer
Justement, quand on a quelque chose sur le cœur, on le dit directement à l’intéressée, on ne prend pas d’intermédiaire (mari/fils, autre belle-sœur) en espérant que le message arrivera jusqu’à l’autre. On peut aussi se donner mutuellement le droit de ne pas assister aux réunions de famille de l’autre, en argumentant: ce n’est pas que je n’aime pas ta famille mais j’ai besoin de temps pour moi.

3. Alterner
Selon le pédiatre, le procédé que l’on doit instaurer, c’est l’alternance: cette année, nous décidons de fêter Noël chez nous et l’année suivante chez vous. Ou alors nous passerons le réveillon du 24 chez les uns, et le 25 chez les autres, et l’année prochaine inversement. Quitte à tirer à pile ou face. La plupart des disputes sont liées au non-respect du lieu, car derrière le territoire matériel, la maison, se cache un territoire immatériel infiniment plus vaste…

4. Décoder
OK, ma belle-mère est pénible, mais à partir du moment où elle a effectivement un rôle que je comprends, je vais me débrouiller pour supporter le fait qu’elle soit pénible, et faire en sorte de ne pas me laisser déborder par ça. Jadis, la belle-mère veillait à ce que les valeurs qu’elle avait transmises à son fils ne soient pas balayées par sa partenaire. Pour éviter le conflit, les enfants acceptaient cette intrusion et cette atteinte à la liberté. Aujourd’hui, faire ces concessions paraît insupportable.

5. Lâcher prise
Si votre belle-mère insiste pour que vous veniez dîner un dimanche sur deux, ne vous offusquez pas mais commencez par y aller de bon cœur. Quand les choses se passent bien, les exigences disparaissent, les relations deviennent plus fluides et les visites peuvent s’espacer.

Dans son livre, le pédiatre français lance un plaidoyer polémique en faveur des belles-mères. Oui, elles peuvent être pénibles… mais leur rôle est indispensable: elles protègent leur fils de la toute-puissance féminine, dans une société matriarcale, où le père a été réduit à l’état de simple géniteur.
«Les belles-mères. Les beaux-pères, leurs brus, leurs gendres», d’Aldo Naouri, Ed. Odile Jacob.

Illustrations Stéphanie Cousin, www.stephaniecousin.com
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