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La vitamine D est synthétisée par notre peau sous l’action de la lumière du soleil. Dans notre organisme, elle se comporte comme une hormone et joue un rôle déterminant au niveau de la minéralisation des os. Nous avons donc besoin d’exposer notre peau au soleil pour la fabriquer, car son apport n’est pas couvert par l’alimentation, même si certains poissons gras (hareng, maquereau, saumon) en contiennent. C’est d’ailleurs pour cette raison que nos grands-parents, lorsqu’ils étaient enfants, étaient forcés d’avaler en hiver de l’huile de foie de morue, légendairement infecte, mais riche en vitamine D.

L’objectif de cette supplémentation était précisément de prévenir, à la saison où l’ensoleillement est le plus faible, l’une des maladies graves que peut provoquer un déficit en vitamine D chez les nourrissons et les jeunes enfants: le rachitisme. Aujourd’hui, les bébés sont supplémentés d’office en vitamine D de synthèse jusqu’à l’âge de 1 an: il s’agit des fameuses gouttes Vidé-3® que les jeunes parents connaissent bien… notamment car leur goût est resté infect en dépit des progrès de la science.

Que de bénéfices!

La vitamine D contribue aussi, apparemment, à maintenir en bon état les dents et les muscles, tout en aidant l’organisme à réguler correctement le système immunitaire. Ses vertus sont donc probablement très nombreuses.

D’un autre côté, les médias relaient régulièrement des travaux scientifiques selon lesquels d’autres maladies que le rachitisme seraient liés à un déficit de vitamine D: cancers, diabète, maladies auto-immunes, dépression, ostéoporose… Du coup, certains professionnels de la santé affirment que pour prévenir ces affections, il faudrait supplémenter massivement le gros de la population. Comprenez: la vitamine D, c’est rien que du bénéfice.

Populations sensibles

La pratique consistant à prescrire de telles supplémentations a d’autant plus le vent en poupe que les autorités de santé de différents pays ont récemment affirmé que 50% à 70% de la population de l’hémisphère nord présentait un déficit en vitamine D, en hiver notamment.

Mais est-ce aussi simple? «Certainement pas», affirme Jérôme Biollaz, professeur honoraire à la Faculté de médecine de l’Université de Lausanne. Ce spécialiste de pharmacologie clinique ne conteste pas l’utilité d’«une supplémentation raisonnable en vitamine D en présence de certaines affections et dans certaines populations sensibles»,mais critique sévèrement ceux qui voudraient la prescrire à large échelle.

«Lorsqu’on parle «d’insuffisance en vitamine D», c’est toujours par rapport à un seuil, rappelle-t-il. Or, ce seuil a été successivement abaissé au cours des dernières années sans qu’une découverte ne justifie un tel ajustement.

Par ailleurs, comme la prise de suppléments de vitamine D n’augmente pas forcément le taux de cette vitamine dans le sang, le meilleur moyen de la synthétiser reste l’exposition au soleil des bras et du visage, durant 15 à 30 minutes, deux fois par semaine: «Malheureusement, aujourd’hui, les gens n’osent plus aller au soleil par peur du mélanome, souligne le pharmacologue. On les en a dissuadés, alors que la relation entre mélanome et soleil n’est pas clairement établie et que seule la surexposition est dangereuse. Si l’on veut améliorer le taux de vitamine D, il faut d’abord cesser de dissuader les gens de s’exposer raisonnablement au soleil.»

Quant à l’idée selon laquelle une supplémentation en vitamine D permettrait de prévenir certaines maladies graves, Jérôme Biollaz met en garde contre les raccourcis: «La plupart de ces études ne démontrent pas une relation de cause à effet entre la maladie et un manque en vitamine D, mais seulement une association, ce qui n’est pas du tout pareil.» Ces travaux ne permettent donc pas de dire si c’est le manque de vitamine D qui entraîne la maladie ou l’inverse, ou encore si l’association entre les deux est due au hasard ou à un autre facteur.

Essais contrôlés nécessaires

Vitamine D ou pas? Selon Jérôme Biollaz: «Avant d’émettre toute recommandation, il faut procéder à des essais que l’on appelle contrôlés.»De grandes études de ce genre sont d’ailleurs en cours et devraient livrer des résultats en 2015. D’ici là, il est urgent d’attendre, car ni l’efficacité et ni la sécurité d’une supplémentation à dose élevée et à large échelle n’ont été suffisamment testés.

Sa conclusion: «En l’absence de maladie ou de problème alimentaire, et dans la mesure où une exposition raisonnable au soleil est possible, il n’y a aucune raison de prendre des suppléments de vitamine D.»

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