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S’il est une sentence qui réjouit mon esprit et me transforme pour de bon jour après jour, c’est bien celle de l’Ecclésiaste. Toujours, je m’y ressource: «De tout ce que demandaient mes yeux, je ne leur refusais rien; je ne privais mon cœur d’aucune joie. Car mon cœur trouvait joie dans toute ma peine et ce fut ma part dans toute ma peine.» Ainsi, Qôhèlet n’a refusé aucune joie à son cœur. Pour être sage et connaître une paix véritable et sans limites, il est nécessaire, je crois, de congédier toute inutile frustration pour que ni l’amertume, ni les regrets ni les ressentiments ne pourrissent le fond de notre être.

Il y a peu, avec mes enfants, nous avons rejoint un petit groupe d’étudiants pour découvrir les joies de Séoul. Tandis que nous admirions la relève de la garde devant le palais de Gyeongbokgung, j’ai pensé à Qôhèlet qui fut, nous dit l’«Ancien Testament», roi sur Israël. Sous le soleil, il a expérimenté tous les plaisirs qu’un monarque peut goûter. Sous le soleil, il nous faut vivre à fond, grandir toujours, et nous libérer pour que la souffrance n’ait pas le dernier mot. Si des désirs fous agitent notre esprit, jamais le cœur ne peut se reposer.

Un étudiant coréen devant les sourires et les rires de Victorine et d’Augustin m’a dit: «Je donnerais tout pour revenir à cette période bénie de la vie! Durant l’enfance, il n’y a pas de problème d’argent, ni de tiraillements amoureux, ni l’esclavage de la sexualité.» Cette innocence mérite toute notre bienveillance et c’est d’autant plus grave si on l’abîme par une éducation rigide, si on l’ensevelit sous des conventions et des cadres trop stricts.

Au palais de Gyeongbokgung, se trouve une petite île sur laquelle le souverain, jadis, se reposait au bord de l’eau. Il franchissait un pont pour s’y retirer à l’abri des tumultes de la cour. Voici une magnifique invitation: quand dans la vie, je suis happé par les exigences du quotidien, par les pressions sociales, pourquoi ne pas emprunter la passerelle qui conduit à l’île de mon cœur?

A la recherche de l’innocence

En contemplant les vastes jardins royaux, en savourant la joie de mes enfants, j’ai repensé à l’Ecclésiaste: «Mieux vaut une paume pleine de repos que deux pleines poignées de peines et de poursuite de vent.» Combien de châteaux en Espagne, combien de rêves futiles nous tourmentent et nous éloignent de cette petite île de repos où nous attendent paix, douceur et silence? Le silence, il n’y en avait plus tellement ce soir-là au restaurant! Toutes les dix minutes, un bruyant «Konbéei!» me faisait presque sursauter. Ma fille m’a regardé et m’a demandé: «Papa, pourquoi les gens boivent? Pourquoi, papa, tu as pris une bouteille de Seoju dans chaque main pour faire la photo alors que tu ne bois pas d’alcool?» Et Augustin de reprendre: «Papa, le garçon américain fait boire la fille? Elle n’est plus comme avant?»

Pourquoi perdons-nous l’innocence que nous recherchons vainement dans la boisson ou la drogue? Qu’espérons-nous y trouver sinon une pseudo-désinhibition, un temporaire oubli de ce qui pèse? Mais, il faut bien l’avouer, avec cette perte de contrôle, les plus vils instincts peuvent vite remonter à la surface. Et si la vie de plaisirs n’était pas celle que l’on croit? Décidément, une sacrée dose de liberté intérieure est nécessaire pour être désinhibé sans l’aide d’une substance.

Retrouver la joie de l’enfance c’est, avec abandon et audace, redescendre dans l’île qui est au fond de nous, jeter tout ce qui nous encombre pour goûter l’existence telle qu’elle se donne. L’Ecclésiaste nous dit: «Va, mange ton pain avec joie et bois ton vin avec un cœur heureux, car Dieu prend plaisir à tes œuvres. Qu’en tous temps tes habits soient blancs, et que l’huile ne manque pas sur ta tête. Jouis de la vie avec la femme que tu aimes, durant tous les jours de ta vie de vanité que Dieu te donne sous le soleil.» Ne rien refuser à son cœur ce n’est pas devenir l’esclave de ses caprices ni se vautrer dans la débauche, mais écouter ce qui repose et nous apaise vraiment. Les plaisirs des enfants sont simples, les voluptés des adultes ne sont bien souvent que de tristes vanités. Je suis heureux qu’en français «Konbéei!» se dise «Santé!» Buvons, mangeons, réjouissons-nous pour la santé du corps, du cœur et de l’âme!

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