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Texas, 1962. Après avoir mené plusieurs études pour tester l’innocuité de la silicone, deux chirurgiens plasticiens décident d’utiliser ce nouveau matériau pour procéder à une augmentation mammaire. Thomas Cronin et Frank Gerow demandent à une patiente venue consulter pour une dermabrasion de leur servir de cobaye. Cette femme de condition modeste, dont la poitrine s’est affaissée après la naissance de six enfants, s’appelle Timmie Jean Lindsey. Elle accepte… à condition que les médecins opèrent également ses oreilles, qu’elle a en feuille de chou!

Timmie Jean Lindsey devient ainsi la première à bénéficier d’une technique qui changera la vie de millions de femmes. Par la suite, lors de ses apparitions à des congrès médicaux ou devant les représentants de l’industrie des implants, elle ne tarit pas de louanges sur sa nouvelle poitrine. Mais quelques années plus tard, à l’occasion d’une interview accordée à un journal britannique, elle reconnaît que ses seins ont durci, qu’ils la font souffrir et qu’à plusieurs reprises elle aurait préféré qu’on lui enlève ses prothèses.

Des essais et des complications

La chirurgie esthétique promet d’offrir aux femmes la poitrine dont elles rêvent. Cependant, l’histoire des implants mammaires, comme l’a montré récemment le scandale des prothèses PIP, est émaillée d’essais plus ou moins problématiques. Et cela ne date pas d’hier. Depuis le XIXe siècle, les femmes ont payé un lourd tribut à leur besoin de séduire ou de réparer les dégâts liés à la maladie, tandis que les chirurgiens expérimentaient diverses techniques susceptibles de produire les meilleurs résultats.

La première opération répertoriée date de 1865, lorsque le célèbre chirurgien allemand Czerny comble le trou laissé par l’ablation d’une tumeur du sein avec du tissu graisseux prélevé dans la région lombaire. La technique du transplant de graisse sera développée à plusieurs reprises au fil du temps, avec des résultats souvent décevants, la graisse ayant tendance à se résorber, à disparaître ou à se nécroser.

Dans la première moitié du XXe siècle, ce sont les injections de paraffine qui ont la cote. Cette substance minérale inerte est injectée directement dans le sein, ce qui conduit parfois à des complications graves comme des embolies pulmonaires. Par la suite, diverses méthodes préconisent les injections d’huile ou de gel de silicone, en association avec d’autres produits. Ces injections, très pratiquées en Asie, provoquent alors des complications comme des fibroses, des infections, voire des ulcères.

Peu à peu, la prothèse s’impose. Les premiers matériaux utilisés laissent songeurs: boules de verre, cartilage de bœuf, celluloïd, plexiglas et pelotes en plastique… Vers 1950 apparaissent des prothèses spongieuses. Comme ces mousses synthétiques ne sont pas enfermées dans une enveloppe, elles sont infiltrées par les liquides biologiques et les cellules sanguines. Les prothèses ouvertes en mousse de polyester rétrécissent, deviennent fermes, et s’accompagnent de complications dans plus de la moitié des cas. Les médecins expérimentent d’autres matériaux, comme le polypropylène et le téflon. Mais ceux-ci ne donnent pas vraiment satisfaction et seront abandonnés.

Par rapport aux essais précédents, l’invention de Frank Gerowet Thomas Cronin représente donc un immense progrès. Grâce à la silicone, l’enveloppe de la prothèse est assez solide pour résister aux chocs, tout en n’adhérant pas aux tissus. Les résultats ne sont toutefois pas entièrement satisfaisants: les seins opérés deviennent souvent durs et se déforment, une coque se formant autour de la prothèse. C’est pourquoi, au cours des décennies qui suivent, les prothèses sont sans cesse améliorées, qu’il s’agisse de leur consistance, de la texture des enveloppes ou du mode opératoire. Aujourd’hui, les patientes ont le choix entre les prothèses remplies de sérum physiologique ou de silicone. Celles au sérum offrent l’avantage d’une innocuité totale en cas de fuite. Et grâce à une valve, le chirurgien peut ajuster le volume du sein. Mais au toucher, la sensation est moins naturelle.

D’autre part, ces prothèses ont une durée de vie de dix ans, contre quinze pour celles à la silicone. Autant de raisons expliquant qu’elles soient moins utilisées. Autre avantage de la silicone: il existe des prothèses de toutes formes et tailles qui permettent de choisir un modèle «sur mesure». Enfin, il faut citer la technique d’injection de graisse dans le sein après une liposuccion. Assez récente, elle ne permet d’augmenter que faiblement le volume du sein.

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