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L'édito de Géraldine Savary: «Monsieur n’est pas madame»

Geraldine savary edito

«Si on s’adresse à vous, Mesdames, en disant Monsieur, il y a peu de chance que vous vous retourniez. Pareil avec les postes à responsabilités. Du moment que la langue, qui sert à montrer ce qu’on sait, exclut ce qu’on est, sûr que vous ne vous sentirez ni concernée ni appelée.»

© Anoush Abrar

Récemment, la majorité du Grand Conseil valaisan a voté pour l’interdiction du langage épicène dans l’administration. Ceux qui souhaitent l’abroger dénoncent une «fantaisie inédite de la part de forces extérieures, idéologie féministe en l’espèce, d’imposer à la langue par une sorte de coup de force des règles structurelles de façon à l’instrumentaliser au détriment de sa nature profonde». Verra-t-on désormais à nouveau fleurir les offres d’emploi proposées par l’Etat du Valais accordées exclusivement au masculin, tels inspecteur, policier, chef de service ou cadre supérieur?

L'incassable plafond de verre

A propos de cadre justement, une étude de l’Université de Saint-Gall nous apprend que la proportion de femmes dans les fonctions à responsabilités continue de stagner. Ce fichu plafond de verre contre lequel se cognent toutes celles qui, entre 30 et 35 ans, souhaitent concilier vie professionnelle et familiale, résiste toujours aux coups de butoir en faveur d’une meilleure représentativité des genres.

83% du top management reste en mains masculines, des chiffres presque identiques dans les conseils d’administration.

Trop facile de faire le lien entre langage épicène et inégalités professionnelles, me direz-vous. Et les postes de cadres ne se concentrent pas tous en Valais. Après tout, les obstacles qui handicapent les carrières féminines sont bien plus puissants qu’une langue non inclusive.

La liste est connue, qui comprend les horaires et les temps de travail, le manque de confiance des femmes en elles-mêmes, la non-reconnaissance des parcours atypiques. Mais aussi les critères choisis par les ressources humaines au sein des entreprises pour pouvoir assumer des responsabilités, la tendance des chasseurs de têtes à débusquer les nouveaux talents avec d’anciens schémas, la persistance des carrières trop linéaires négligeant le fait, qu’en réalité, il n'y a pas mieux comme cadre qu’une femme de 50 ans.

Reste que si on s’adresse à vous, Mesdames, en disant Monsieur, il y a peu de chance que vous vous retourniez. Pareil avec les postes à responsabilités. Du moment que la langue, qui sert à montrer ce qu’on sait, exclut ce qu’on est, sûr que vous ne vous sentirez ni concernée ni appelée.

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