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Question

Vivant seule et divorcée depuis longtemps, je continue à avoir envie de faire l’amour régulièrement, grâce à mon traitement de substitution hormonal. Active, indépendante et charmante, j’ai souvent des avances, mais la réalité est très décevante avec ces messieurs trop inquiets de leurs prestations… [Christina, 64 ans]

Réponse

Passé la cinquantaine, les hommes sont souvent emberlificotés dans des histoires sentimentales compliquées et ont de la peine à s’en détacher. Vous vous retrouvez à devoir les écouter parler de leurs échecs matrimoniaux mal digérés et les croire quand ils vous disent qu’ils sont encore mariés, mais qu’il n’y a plus rien avec leur femme. Ce n’est pas facile de se remettre en question quand on vit une séparation et toujours plus simple de mettre la faute sur le dos de l’autre… Difficile d’entamer le processus d’introspection qui nous permettra de comprendre ce qui nous a menés à l’échec et d’éviter de répéter les mêmes erreurs.

Vous avez aussi observé que ces messieurs sont très préoccupés par leur situation socioprofessionnelle. Après une rupture sentimentale, on se sent plus vulnérable et on supporte moins bien le stress au travail. L’insécurité affective fragilise tout un chacun et s’il s’ajoute des problèmes d’argent (de pension alimentaire ou de dettes), la confiance en soi en prend un sérieux coup. Dans ce climat instable, les pannes d’érection surviennent plus facilement, car tout ce processus ne fait qu’amplifier l’anxiété de performance de nos princes charmants.

A l’époque de la petite pilule bleue, la tentation est grande de prendre un médicament pour tenter de camoufler ou surmonter ce handicap intime. Mais vous dites détester «ces érections artificielles et interminables de faux supermen influencés par les médias». Surtout que, comme la majorité des femmes, vous n’avez aucune peine à jouir autrement grâce à votre petit bouton de plaisir, et que vous préférez nettement la tendresse et les caresses à une performance mécanique froide et irréprochable. Alors, comment dédramatiser la situation quand vous en arrivez au point de tenter l’expérience d’un câlin ? Il faut trouver les bons mots ou la bonne attitude pour rassurer l’autre lorsque son membre viril montre des signes de faiblesse indésirables. Pas évident.

L’ experte

Juliette Buffat, médecin psychiatre et psychothérapeute FMH, est sexologue depuis vingt-six ans. Adressez-lui vos questions par e-mail: drbuffat@femina.ch

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