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La question

«A la suite d’une intervention chirurgicale, je n’éprouve plus les mêmes sensations lors des rapports sexuels. Une amie m’a parlé de travail corporel. Je suis curieuse mais mes doutes me retiennent.» [Anna, 36 ans]

La réponse

Les opérations, en particulier gynécologiques, peuvent avoir toutes sortes de conséquences au niveau sensoriel. Certaines adhérences cicatricielles peuvent générer des douleurs ou des pertes de sensibilité. Mais même en l’absence de tels effets indésirables, les perceptions corporelles sont naturellement modifiées. Il s’agit alors de prendre le temps d’apprivoiser ces nouvelles sensations, de s’y adapter et de développer un nouveau rapport au plaisir du corps. La plupart des femmes qui accouchent passent par ce processus de réappropriation. Certaines personnes intègrent ces changements avec facilité. Pour d’autres, une démarche corporelle constitue un accompagnement bienvenu.

Dans le domaine sexuel, craintes et tabous entourent encore les suivis corporels. Est-ce éthiquement acceptable? Qui prodigue ce type de soins? Comment travaillent-ils? Chez les professionnels tout autant que dans le public, des a priori souvent erronés demeurent. Il peut donc être délicat de s’orienter vers le bon type de thérapie et de trouver la bonne personne.

Pourtant, il existe un large panel de spécialistes, dont des ostéopathes et des physiothérapeutes. Par ailleurs, une approche dite «sexocorporelle» s’est développée depuis 2003 aux Etats-Unis. Elle est appliquée par des éducateurs dont la mission est d’accompagner des personnes dans un processus d’exploration sexuelle et corporelle. Depuis quelques années, ce «Sexological Bodywork» a immigré en Suisse. C’est une approche régie par un code déontologique strict qui cadre les interventions et réglemente la pratique.

L’éducateur dispose d’une série d’outils comportementaux tels que le travail périnéal, la respiration et le massage afin d’aider l’individu dans son développement personnel. En Suisse romande, Romaine Kohler offre ce type de prise en charge qui aide à se réapproprier l’érotisme après une difficulté. Avant d’entreprendre une démarche de ce type, toutefois, identifiez vos besoins et prenez le temps de chercher l’intervenant qui vous conviendra. Alors seulement, vous pourrez dépasser vos doutes et atteindre vos objectifs.

Notre expert

Cette semaine, envoyez vos questions à Nicolas Leuba, psychologue-psychothérapeute FSP, thérapeute de couple, spécialiste en sexologie SSS: nicolas.leuba@femina.ch


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