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«Carrossière peintre, j’ai participé aux Worldskills»

Photo Rebecca Krebs vecu Aurelie 1
© Rebecca Krebs

Mon papa étant passionné de voitures, nous nous rendions dans des rassemblements et nous sommes intéressés tous les deux aux peintures de carrosserie. C’est comme ça que le goût pour l’aérographie (vous savez, les dessins de flammes sur les voitures) m’est venu. Comme une formation dans cette branche n’existe pas en Suisse et qu’il n’y a pas beaucoup de débouchés, j’ai décidé de me tourner vers le métier de carrossier peintre. Mais je n’étais pas au bout de mes surprises. A l’adolescence, tout le monde me pressait de faire des études, l’apprentissage étant mal vu. Je me suis battue pour participer, durant les vacances, à des stages dans des entreprises de peinture en carrosserie. J’ai même dû m’inscrire au gymnase, alors que j’attendais un contrat d’apprentissage. Quand je l’ai signé, ma prof m’a dit:

«Ne t’en fais pas, tu pourras toujours changer d’avis plus tard.» Je ne me suis pas laissé décourager, même quand une boîte m’a clairement refusé un poste d’apprentissage parce que j’étais une fille!

Lors des semaines de cours, j’ai été évaluée par la Fédération des carrossiers. Comme j’étais classée parmi les meilleures de ma volée, mon prof m’a encouragée à participer, début 2018, à la sélection vaudoise pour le Championnat de Suisse des carrossiers peintres. J’ai fini deuxième et ça m’a ouvert une place pour la sélection romande. Sans trop d’attentes, je me suis dit que ça me ferait un entraînement pour mes examens finaux. J’ai terminé première! Jamais je n’aurais pensé en arriver là. J’ai commencé à croire que j’avais du potentiel et qu’il fallait que je continue.

En août 2018, j’ai passé mon CFC et j’ai commencé à travailler à Spiez, dans le canton de Berne. En octobre, les championnats de Suisses se sont déroulés en Suisse allemande. Comme il y avait très peu de Romands, j’avais l’impression de partir avec des points en moins. Toutefois, après beaucoup d’émotion, et à ma grande surprise, j’ai à nouveau terminé première! C’est là que j’ai réalisé que je partais pour les Mondiaux des métiers. De janvier à août 2019, je me suis perfectionnée pour les WorldSkills sur des pièces détachées de voiture. Tout mon temps libre y passait.

Dans la lumière des phares

Après 4 week-ends de préparation physique et mentale, comme une équipe olympique, nous sommes partis à une quarantaine, chacun le meilleur dans son métier, d’esthéticienne à maçon, à Kazan, en Russie. Les épreuves, qui se déroulaient sur 4 jours, étaient vraiment stressantes. Dans ma discipline, nous étions 27 du monde entier. C’était impressionnant de croiser des Taïwanais ou des Hongkongais. Le niveau était si élevé qu’il était difficile de comparer. Pour moi, tout se passait bien. Je me sentais fière de mes travaux: une jante avec des filets de couleur, la réparation d’une aile en tricouche et un capot vierge à peindre.

A ce stade de la compétition et vu son niveau d’exigence, tout pouvait arriver. Par exemple, la confiseuse a fait tomber sa pièce maîtresse! Quand les résultats ont été dévoilés, j’ai obtenu la 6e place. Ça a été le choc pour mon coach, mon patron et moi, car je m’étais peu à peu convaincue que je pouvais réellement gagner la médaille d’or. Je suis vraiment tombée de haut. Aujourd’hui, avec du recul sur mon parcours, je n’ai pas de regrets. Mon résultat reste une chose, mais les amitiés incroyables que j’ai liées avec mon équipe, je crois que c’est ce dont je vais me rappeler toute ma vie.

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