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Une artiste vaudoise enchante les chambres d'enfants

Une artiste vaudoise reenchante les chambres denfants 2

«Je suis très sensible à la nature et à l’écologie. Les baleines sont des animaux très symboliques de la souffrance actuelle des océans. Pour le coup, réaliser une peinture exempte de traces humaines, c’était thérapeutique pour moi», partage Kim Straehler.

© Instagram Kim Straehler

Elle ressemble à son art: à la fois douce et espiègle. L’artiste Kim Straehler nous donne rendez-vous à Morges, sa ville natale, sur la terrasse d'un de ses bars préférés, le Bloody Cat. «Qu’est-ce qu’elle m’a manqué cette terrasse, pendant le confinement. Heureusement qu’on revient à la normalité petit à petit.» Ce qui frappe d’emblée chez cette artiste, c’est son âme vibrante chargée d’énergie positive qui parle franchement et avec modestie de ses fresques, imaginées pour vivifier les chambres d’enfants.

Entre art figuratif et abstrait, elle peint sur toile tendue depuis toute petite. Mais depuis 2018, la Vaudoise s’est lancée dans un registre qui la sort de sa zone de confort: la peinture murale. «Les premières fois, c’était un réel challenge de transporter mon matériel pour peindre sur une surface inconnue. Chaque mur est différent. On ignore comment la peinture réagira. Comment, elle séchera. J'ai appris aussi à m’adapter aux conditions sur place, à travailler parfois dans la chaleur ou la pénombre, alors que je suis habituée à peindre dans mon atelier qui est plutôt spacieux et lumineux.»

Des fresques aux effets thérapeutiques

L’artiste de 33 ans se souvient d’une de ses premières œuvres murales: un toucan à l’imposant bec jaune-orangé, perché sur une branche en pleine forêt tropicale. «Les parents du petit garçon de 5 ans étaient divorcés. Et, il n’arrivait pas à s’approprier sa nouvelle chambre dans la maison de son père», raconte-t-elle. «Il a fini par en être très fier. Son père m'a raconté qu'il déplaçait régulièrement, le soir, ses coussins sous les feuilles de palmiers, comme pour se créer un petit nid douillet. J’ai été touchée par l’impact psychologique que ma peinture a eu sur cet enfant.»

Si l’art ne peut changer le monde, il peut modifier la manière dont nous le voyons. Glisser du statut d’artiste à celui de thérapeute, c’est étonnant? La question l’amuse:

«Toutes mes peintures n’ont pas un pouvoir thérapeutique. Mais, c’est très gratifiant de constater les effets bénéfiques de l’art sur certains petits. J’ai utilisé à plusieurs reprises de la peinture fluorescente, ce qui a permis aux bambins qui craignaient de s’endormir dans le noir de vaincre leur peur.»

Kim se souvient d’une maman qui souhaitait que son fils n'ait pas peur des créatures marines. «Elle avait envie de mélanger le ciel à la terre. J’ai dessiné des baleines qui volaient aux côtés de montgolfières, de méduses et d’autres créatures étranges craintes par les enfants. J’ai adoré cet univers unique, féerique et mystérieux.» Au niveau esthétique, l’artiste a particulièrement aimé travailler la baleine. «J'adore l'océan. Je suis très sensible à la nature et à l’écologie. Les baleines sont des animaux très symboliques de la souffrance actuelle des océans. Pour le coup, réaliser une peinture exempte de traces humaines, c’était thérapeutique pour moi.»

«Un joli geste écologique»

Au-delà de l’esthétisme et du mode d’expression, cette passionnée considère qu’offrir une peinture murale à son enfant, c’est «un joli geste écologique». «Si elle n’est pas trop enfantine, le petit peut la garder longtemps. C’est un cadeau rentable dans la durée. Avec une fresque, une chambre prend vie. Elle est remplie et il n’y a pas besoin de la combler avec beaucoup de meubles.»

Comment se lance-t-on dans ce registre? «Un peu par hasard. Une amie venait d’hériter de la maison de ses parents, une vieille ferme très peu éclairée. Elle avait envie de donner un peu de peps à la chambre de son bébé. Alors, j’ai peint une montgolfière qui survolait des nuages. Là encore, j’ai travaillé l’aspect nocturne avec de la peinture fluorescente. J’ai posté une photo de la pièce sur les réseaux sociaux. Elle a été likée 400 fois, alors qu’à l’époque j’avais maximum 30 likes. D’un coup, il a eu un engouement.» Elle s’est ainsi retrouvée à peindre des savanes africaines, des jungles, Le monde de Nemo, des ciels peuplés de créatures mystérieuses et bien d'autres. «Les parents arrivent avec une idée, pas toujours très claire. Après, ils me donnent carte blanche.»

A force de peindre des chambres d’enfants, retrouve-t-on son âme d’enfant? «Je ne me projette pas. J’essaye d’être simplement à l’écoute des envies des parents. Mais, c’est vrai que si je n'avais pas l’âme légèrement enfantine, ça viendrait peut-être moins facilement et je n’aurais pas eu autant de plaisir à réaliser ces peintures.»

Équilibre entre art et enseignement

Se lasse-t-on de ce genre de mandat? «Non. Chaque enfant est singulier, chaque projet unique. J’essaye de toujours proposer une œuvre originale. Il y a peut-être une préférence pour la nature aux couleurs pastels.» Son étape préférée dans ce processus artistique, c'est la révélation. «C’est génial de faire découvrir la chambre aux parents. Lire les émotions dans leurs yeux. Je ne m’en lasserai jamais de ce moment magique.»

Tel un diamant, Kim Straehler a de multiples facettes. Elle enchaîne les mandats de tout genre à l'intention de particuliers et de divers commerces dans la région: fresques, tableaux sur-mesure, peinture de vitrines, décoration d'intérieurs. Tout semble lui sourire et elle espère même prendre le temps de peindre pour elle «dans l'optique d'une exposition future».

Si aujourd’hui, elle vit de son art, il lui arrive de faire sporadiquement des remplacements dans les écoles à Morges auprès des 6 à 13 ans. «J’aime beaucoup couper ma routine artistique et me replonger dans l’univers enfantin. Leur énergie est nourricière pour moi. D’ailleurs, quand j’étais plus jeune, je voulais devenir enseignante. Aujourd’hui, j’ai trouvé un équilibre entre le monde artistique et celui de la scolarité.»

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