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Le retour des touristes, timide depuis l'élection du président modéré Hassan Rohani en juin 2013, est plus marqué cette année avec 35% d'Européens en plus, selon les professionnels.

«Les agences de voyages ont remis l'Iran dans leurs brochures. C'est une nouvelle vague. Pour certaines langues, on manque même de guides», explique Mohsen Hajisaeid, qui accompagne un groupe venu de Hong Kong pour visiter Persépolis, imposante capitale de l'empire Achéménide fondée en 550 avant JC, à 70 km de Shiraz (sud).

Plus sûr qu'en Europe

«Avant de venir en Iran, je savais que l'image de ce pays à l'extérieur était très sombre», dit Piotr Chwalba, venu de Pologne. «Mes amis m'ont dit que les gens étaient très gentils et que le pays était très sûr, peut-être plus que certains pays d'Europe», explique-t-il. «C'est le genre de pays qui a deux côtés, l'un créé par les médias et l'autre, le vrai, où tout le monde vous aide quand vous voyagez, tout le monde vous sourit et c'est génial.»

La manne touristique est essentielle pour un pays sous le coup de sanctions économiques. C'est aussi une occasion de changer une image ternie par douze ans de tensions internationales à cause de son programme nucléaire et le double mandat présidentiel de Mahmoud Ahmadinejad, marqué par la confrontation avec l'Occident.

Entre mars 2013 et mars 2014, l'Iran a accueilli près de 4,5 millions de touristes et l'objectif est d'atteindre plus de 20 millions par an d'ici dix ans, selon Massoud Soltani-Far, le vice-président chargé du Tourisme. Il veut également multiplier par cinq les revenus en devises pour atteindre plus de 30 milliards de dollars en 2025.

Aujourd'hui, la majorité des touristes sont des pèlerins chiites venus d'Irak, du Koweït, du Liban ou du Pakistan. L'Iran veut désormais voir revenir des touristes à fort pouvoir d'achat. Comme ces 70 privilégiés, Européens et Australiens, qui ont déboursé entre 10 000 et 23 000 euros pour faire le voyage Budapest-Téhéran dans un train de grand luxe.

«Après l'arrivée au pouvoir du président Rohani, la situation a totalement changé. Son comportement, son sourire, sa politique d'entente avec l'Occident ont créé un sentiment de sécurité pour de nombreux touristes qui voulaient venir en Iran depuis des années», explique Ebrahim PourFaraj, patron de Pasargad Tour et président de l'Association des tour-opérateurs iraniens. L'Iran veut aussi protéger ou restaurer ses 17 sites inscrits au Patrimoine mondial de l'Unesco.

Capacité limitée

Mais il reste des obstacles. D'abord, le code vestimentaire islamique qui oblige les femmes à se voiler, l'interdiction des shorts pour les hommes, ou l'interdiction de consommer de l'alcool. Le Parlement, dominé par les conservateurs, a adopté fin octobre une loi obligeant le gouvernement à informer les touristes sur la manière de se comporter en République islamique.

Ensuite, les infrastructures manquent, même si de nombreux hôtels et restaurants ont été construits dans les villes touristiques comme Machhad, Ispahan, Shiraz ou sur l'île de Kish, dans le Golfe. Le secteur manque aussi de personnel formé aux exigences occidentales. «Plus de 900 projets sont en cours pour développer le secteur», selon M. Soltani-Far, qui évoque plus de «200 millions de dollars d'investissements».

«Nos capacités sont limitées par rapport à l'afflux des touristes. Les moyens de transports, les hôtels 4 et 5 étoiles font défaut pour répondre à la demande croissante», explique M. PourFaraj, qui prévoit 25% de touristes en plus en 2015. L'Association des tours opérateurs a demandé l'appui du gouvernement, notamment pour les transports. Les routes sont souvent de bonne qualité mais le pays manque d'avions en bon état pour les voyages intérieurs, en raison des sanctions.

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