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Nos adresses d'hôtels hantés, pour des vacances qui changent

Hotels hantes

Il n’y a que deux châteaux dans tout l’archipel mais, pas de chance, la moitié au moins est hantée. Situé sur la péninsule d’Otago, sur l’île du sud, le Larnach Castle hébergerait en effet des hôtes peu orthodoxes. Un couple rapporte notamment avoir été poussé par une présence invisible et des chasseurs de fantômes y auraient vu une forme humaine surnaturelle se tenant sur un balcon...

© Getty

C’est une austère demeure en bois, sur la côte est des Etats-Unis. Aujourd’hui reconvertie en maison d’hôte, elle aurait vu Lizzie Borden, une femme de 32 ans, tuer son père et sa belle-mère à coups de hache en 1892. Depuis, leurs deux spectres rendraient la vie (notamment nocturne) impossible aux hôtes venant essayer d’y fermer l’œil. Terrifiant? L’établissement a pourtant fait de ce pèlerinage à sensations fortes une manne économique.

Et il n’est pas le seul. Autour du globe, d’autres hôtels sont réputés hantés et plusieurs font de cette présence paranormale un argument marketing. À l’ère du dark tourism et du legend triping, consistant à visiter des sites glauques, tragiques ou mystérieux, les spectres ont donc plus que jamais la cote.

Un cerveau friand d’étrange

Comment expliquer cette ruée dans les halls lugubres et les chambres aux esprits frappeurs? «On observe un déclin des religions institutionnelles, mais cela ne signifie pas pour autant qu’il y ait une baisse des croyances dans le surnaturel, avance Jean-Michel Abrassard, docteur en psychologie des religions et coauteur d’En finir avec le paranormal (Ed. Jourdan, 2018). Contrairement à ce qu’on pourrait penser, croire en l’existence des fantômes est encore assez répandu.»

La faute à notre cerveau, hérité de nos ancêtres chasseurs-cueilleurs, qui est une véritable usine à biais d’intentionnalité, selon Pascal Wagner-Egger, enseignant-chercheur en psychologie sociale à l’Université de Fribourg: «Certaines aires sont particulièrement intéressées par ces événements difficiles à expliquer. Elles tendent à négliger le facteur hasard pour privilégier une explication animiste, où des entités à la fois extraordinaires et humaines agissent en coulisse.»

Reste à comprendre pourquoi les lieux hantés furent souvent le théâtre d’au moins une mort violente. «Ces décès nourrissent l’imaginaire car ils semblent sortir de l’ordre naturel des choses, analyse Jean-Michel Abrassard. Une personne de 80 ans qui meurt dans son sommeil ne trouble pas de la même manière. Rajoutez à cela une atmosphère spéciale, des légendes et vous disposez de la recette parfaite pour un site hanté.»

Le plus mondain: The Langham Hotel, Londres, Royaume-Uni

© WikiCommons

Un palace cinq étoiles… et quelques spectres insistants. C’est dans les années 60 que la réputation sulfureuse de l’hôtel, érigé sur Regent Street en 1865, se forge. Un très sérieux journaliste de la BBC, qui travaille alors sur le site, affirme être tombé sur une apparition de forme humaine auréolée de boules de lumières mouvantes. Depuis, d’autres témoins ont également aperçu des fantômes plutôt VIP: un prince prussien, qui s’y serait suicidé au début du XXe siècle, ainsi que l’empereur français Napoléon III, dont le passage à l’hôtel a été documenté.

De nombreuses personnalités ont d’ailleurs fréquenté les chambres de ce lieu classé parmi les plus prestigieux de la capitale britannique: Oscar Wilde, Winston Churchill, Charles de Gaulle ou encore Lady Di. L’une des chambres, la 333, serait l’épicentre de la hantise du palace, un meurtre y ayant été commis à la fin du XIXe siècle. Des joueurs de l’équipe nationale de cricket, qui séjournèrent au Langham en 2014, ont d’ailleurs publiquement admis avoir été traumatisés par des événements inexplicables survenus dans leurs chambres. Les interrupteurs avaient notamment une fâcheuse tendance à allumer ou éteindre les lumières sans que personne n’appuie dessus…

The Langham Hotel

Le plus historique: Dragsholm Slot, Odsherred, Danemark

© Niels Elgaard Larsen / WikiCommons

Achevé il y a plus de 800 ans, utilisé comme prison de luxe au XVIe siècle puis transformé en hôtel durant la dernière décennie, ce château est l’un des monuments danois les plus anciens, mais il est presque autant gorgé d’histoire que de fantômes. Selon les nombreuses légendes qui entourent ce lieu – et aussi selon l’Office du tourisme local – une centaine de spectres en auraient fait leur résidence permanente. Parmi eux, trois sont tellement récurrents qu’il serait possible de les identifier.

Margrethe Vestager, Mme propre de l’Europe

Une dame en gris correspondrait à une ancienne femme de chambre maltraitée. Une dame en blanc serait l’apparition de la fille d’un des seigneurs qui posséda la bâtisse. Découvrant qu’elle était tombée amoureuse d’un roturier, son père l’aurait enfermée dans un réduit sans la moindre lumière du jour. Cette histoire émergea probablement au début du XXe siècle, lorsqu’on découvrit, à l’occasion de travaux, le squelette d’une femme habillée de blanc et emmurée derrière une épaisse paroi. Le dernier de ce trio infernal est un homme. On connaît même son nom: James Hepburn, duc d’Orkney et lord de Bothwell.

Ce célèbre noble écossais avait d’ailleurs une réputation sulfureuse avant même de devenir un fantôme. En 1567, il fut en effet accusé d’avoir assassiné le second mari de la reine Mary Stuart, qu’il épousa en troisième noce la même année. L’union divisa tant le pays que la situation dégénéra et menaça sa vie. Parti se réfugier en Scandinavie, il fut fait prisonnier en Norvège et emprisonné jusqu’à sa mort, à Dragsholm, en 1578. Des visiteurs affirment avoir vu le défunt duc traverser le domaine sur un cheval ou entendu les hennissements de sa monture, alors que les parages étaient vides de tout animal. L’équipe de l’émission Ghost Hunters est venue examiner les lieux en 2009… constatant une activité électromagnétique très anormale.

Dragsholm Slot

Le plus anxiogène: Karosta Prison Hotel, Liepāja, lettonie

© Dirk Renckhoff Alarmy Stock Photo

Construit vers 1900 pour servir d’infirmerie militaire, cet intimidant bâtiment en briques rouges ne soigna jamais qui que ce soit. En fait, il fit plutôt l’inverse. Rapidement converti en prison, le lieu devint un véritable cauchemar minéral pour les opposants de l’empire russe, puis de l’ère stalinienne et, plus tard pour les déserteurs allemands, quand la région tomba dans l’escarcelle des nazis. Cet Alcatraz de la Baltique, réputé pour la sévérité voire la barbarie des traitements réservés aux détenus, demeura actif jusqu’en 1997. On le dit désormais hanté par les âmes des personnes mortes entre ses murs, la plupart de causes peu naturelles.

Une dame blanche, aperçue à plusieurs reprises, serait le fantôme d’une femme s’étant pendue pendant son incarcération. Les enquêteurs de l’émission Ghost Hunters International s’y sont aventurés il y a dix ans et ne regrettent pas leur séjour. Si aucune dame blanche n’a surgi devant les caméras infrarouges, plusieurs membres de l’équipe sentirent des mains les attraper tandis qu’ils exploraient les couloirs et les cellules, entendant même un glaçant: «Dégagez d’ici!»

Les sciences occultes explosent, pourquoi?

En dépit de ces phénomènes effrayants, la prison est désormais un hôtel et organise des visites guidées à la rencontre des spectres. L’accueil y est d’ailleurs particulier, puisque les clients peuvent y passer la nuit moyennant une somme de 15 francs, mais sont traités comme des détenus de l’époque soviétique. Gardes brutaux, literie sommaire, menottes pour les déplacements entre les chambres, réveils intempestifs, les conditions sont aux antipodes du cosy. Avant d’y dormir, il faut d’ailleurs signer une décharge stipulant qu’on accepte d’être ainsi malmené…

Karosta Prison Hotel

Le plus iconique: The Hollywood Roosevelt, Los Angeles, USA

© WikiCommons

Il a bercé le sommeil de Marilyn Monroe, Charlie Chaplin, F.S. Fitzgerald, Ernest Hemingway ou encore du (désormais séparé) couple Brangelina. Avec sa liste sans fin de clients prestigieux et son architecture Art déco gorgée de soleil, l’Hôtel Hollywood Roosevelt, ouvert en 1927, fait partie du patrimoine californien. Toutefois, les stars hollywoodiennes qui s’y sont succédé ne hantent parfois pas les lieux que de leurs souvenirs: leurs esprits viendraient régulièrement rôder dans l’établissement. On y recense au moins 35 spectres différents. Un sacré casting!

Dans un article publié par le Denver Post, en 2004, un agent de sécurité raconte que des clients se plaignent d’événements inquiétants observés dans leurs chambres. Il y a des appareils électriques qui s’éteignent ou s’allument tout seuls, des télévisions qui décident elles-mêmes des chaînes à regarder, des lumières aux caprices incontrôlables… si les douze étages semblent tous hantés, une chambre en particulier concentre le plus haut taux de manifestations paranormales: la 928. C’est là que séjournait Montgomery Clift pendant le tournage de Tant qu’il y aura des hommes, en 1953. Le titre original du film, From Here to Eternity, tend à prouver que ce cher Montgomery a un certain sens de l’humour.

Depuis son décès, en 1966, il serait actif dans cette chambre, tapant sur l’épaule des clients ou surgissant devant eux en pleine nuit. En 1985, une femme de chambre a également eu l’honneur de tomber sur Marilyn en personne. D’autres membres du personnel assurent apercevoir dans le hall ou recevoir des appels de chambre d’une certaine Caroline, une petite fille en robe bleue qui s’est noyée il y a des lustres dans la piscine de l’hôtel et qui, depuis, chercherait désespérément son papa.

The Hollywood Roosevelt

Le plus flashy: First World Hotel, Bentong, Malaisie

© ephotocorp Alarmy Stock Photo

Plus de 7000 chambres sur 26 étages, des allures de HLM soviétique sous LSD et à peine plus d’une décennie d’histoire. Cet immense complexe, posé sur un sommet des highlands malaisiennes, ne coïncide pas vraiment avec l’archétype du lugubre manoir écossais. Mais ne vous fiez pas aux apparences: il serait en effet l’un des hôtels les plus hantés d’Asie.

Être médium, ça s’apprend!

La faute, manifestement, aux casinos présents dans le secteur: parfois plumés en quelques heures par les machines à sous et le tapis vert, de nombreux clients désespérés auraient mis fin à leurs jours dans l’hôtel, parfois en se jetant de ses fenêtres. Ce sont les âmes de ces joueurs ruinés qui réserveraient, depuis, des nuits agitées aux paisibles vacanciers. Cris, pleurs et autres bruits étranges glaceraient le sang de nombreux résidents.

Certains même auraient quitté les lieux précipitamment, rendus malades par le séjour. Sur les forums de voyageurs, la question de la hantise de l’établissement suscite de longues discussions. Un point en particulier fait tiquer: un étage entier de l’hôtel, le 21, est inaccessible aux réservations. Les ascenseurs ne s’y arrêtent jamais. Définitivement trop hanté pour laisser le public s’y aventurer?

First World Hotel

Le plus cosy: Larnach Castle, Dunedin, Nouvelle-Zélande

© Getty Images

Il n’y a que deux châteaux dans tout l’archipel mais, pas de chance, la moitié au moins est hantée. Situé sur la péninsule d’Otago, sur l’île du sud, le Larnach Castle hébergerait en effet des hôtes peu orthodoxes. Un couple rapporte notamment avoir été poussé par une présence invisible et des chasseurs de fantômes y auraient vu une forme humaine surnaturelle se tenant sur un balcon.

La fréquentation par des entités paranormales trouverait ses origines dans l’histoire tragique des lieux. C’est William Larnach, un Australien venu faire fortune en Nouvelle-Zélande, qui fit construire, en 1871, cette élégante demeure incarnant la réussite du businessman qui, entre-temps est devenu politicien. Mais la chance tourne. Sa femme, Eliza, puis sa seconde épouse (la sœur d’Eliza) et enfin sa fille, Kate, décèdent les unes après les autres de maladie.

William bascule dans la dépression. En 1898, il s’enferme dans une pièce du parlement néo-zélandais et se tire une balle dans la tête. La bâtisse est acquise par l’État et convertie en asile psychiatrique dans les années 1900, tombe ensuite en ruine, avant d’être rénovée et transformée en hôtel. Depuis, Larnach Castle est une adresse de charme, dont les vérandas, les chambres cossues et sa dame en gris constituent les principaux atouts.

Larnach Castle

En Suisse aussi… Hotel Val Sinestra, Grisons

© Spline Spinson

Sur les forums dédiés au paranormal, il est parfois qualifié de site le plus hanté de Suisse. Pas vraiment difficile à imaginer, c’est comme si l’hôtel de Shining avait été transporté au cœur de la Basse-Engadine. Pas une âme à moins de 6 kilomètres à la ronde, une architecture Art nouveau austère, une houle de sapins à perte de vue… même s’il manque le labyrinthe végétal où Jack Nicholson claudiquait en traînant sa hache, la route qui connecte les lieux à la civilisation tend aussi à devenir inaccessible pendant l’hiver.

Ma maison est hantée

Érigé en 1912, le bâtiment du Val Sinestra était à l’origine un sanatorium, exploitant les nombreuses sources naturelles de la région. Mais le déclenchement de la Première Guerre mondiale, après seulement deux ans d’activité, sonna la fin de l’âge d’or de l’établissement. Rénové et réhabilité en 1978, il est essentiellement fréquenté par une clientèle néerlandaise. Cette dernière ignore souvent les rumeurs locales parlant de revenants. Début 2010, voulant faire la lumière sur ces histoires de fantômes alpestres, le SonntagsBlick envoie un médium sur place.

Des séances de spiritisme semblent alors confirmer la présence d’au moins une entité surnaturelle, un certain Guillon, ancien client du sanatorium, qui y séjourna dans les années 20. Fantôme inoffensif, mais quand même assez blagueur, il bougerait des objets, ouvrirait des fenêtres, allumerait des appareils électriques, créerait des courants d’air froid. Nadine Haltiner, alors journaliste à 24 heures, lors de sa visite, il y a neuf ans, assure que la porte de sa chambre s’est verrouillée toute seule. On comprend dès lors pourquoi, selon les gérants, certains clients quittent précipitamment les lieux.

Hotel Val Sinestra

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